Technique de la Gravure à l’Eau-Forte




L’AQUAFORTISTE, nom de celui qui exécute des gravures à l’EAU-FORTE, doit posséder des notions élémentaires de dessin et, s’il veut accomplir le travail dans sa totalité, doit apprendre les rudiments d’une autre activité, complémentaire de la première : l’impression en TAILLE-DOUCE.
Celui qui tire des estampes en taille-douce s’appelle un TAILLE-DOUCIER.
Ainsi, une estampe créée, gravée et imprimée par une seule et même personne est qualifiée d’ORIGINALE.
La gravure à l’eau-forte utilise l’intervention de l’acide nitrique (ou du perchlorure de fer) pour l'attaque du métal (généralement du cuivre, du zinc ou de l’acier).


DESSIN, REPORT... Le plus souvent, un dessin au crayon ou à la plume est exécuté et constitue la première phase du travail. Il servira de modèle pour travailler la plaque de métal appelée PLANCHE.
Le dessin est reporté à l’envers sur la planche qui aura été soigneusement dégraissée et vernie. L’artiste y grave ensuite le dessin à l’aide de pointes d’acier de différents calibres. La planche est plongée dans un bain d’acide qui attaque le métal aux endroits où les pointes ont enlevé le vernis. La profondeur de la morsure du trait - ou TAILLE - dépende de la durée d’immersion dans l’acide. La planche « mordue » est ensuite lavée à l’eau claire puis nettoyée à l’essence de térébenthine. Il s’agit d’une GRAVURE AU TRAIT.
Un tirage peut être exécuté après cette première étape ; c’est un TIRAGE D’ETAT qui rend compte de l’état d’avancement du travail.
La planche est alors préparée à nouveau : dégraissée, vernie et retravaillée jusqu'à entière satisfaction. Il faut parfois de nombreux ETATS avant de parvenir à l’état définitif qui engendre le TIRAGE D’EDITION.
L’encrage de la planche nécessite un coup de patte, propre à chaque artiste, qui personnalise ainsi le résultat, traduisant de ce fait le caractère, le tempérament de l’aquafortiste. Le tirage est effectué sur un papier chiffon de grammage suffisant pour supporter la forte pression exercée par la presse à bras. C’est du grammage que dépend l’épaisseur de la feuille de papier.
La plupart des estampes sont éditées en tirage limité justifié par le numérotage en bas, à gauche, en dessous du COUP DE PLANCHE ; exemple : 5/25 signifie qu’il s’agit de la cinquième épreuve d’un tirage limité à 25 exemplaires. Chaque tirage nécessite un encrage. Certaines planches, de format moyen, demandent plus de 30 minutes d’encrage et de préparation au tirage. En outre, la gravure n’est pas un travail de spontanéité mais au contraire un lent cheminement de minutie et de patience qui a toutes les chances d’aboutir quand il est mené par un Artisan passionné.


Quelques mots à propos d’aquatinte...

L’AQUATINTE est une technique dont le résultat donne un effet de lavis ou d’aquarelle. Cette technique délicate traduit toute la sensibilité du graveur. Elle fut beaucoup utilisé par les grands maîtres de la peinture ; pour cette raison, on n’a pas hésité à la qualifier de gravure des peintres.
Il s’agit d’obtenir des effets de couleurs en pastel ou de tonalités plus soutenues en utilisant un GRAINAGE judicieusement disposé en certains endroits de la planche. Les parties restées blanches au tirage auront été épargnées de la morsure de l’acide par un vernis. Les zones à grainer reçoivent un voile de résine pulvérisée. Cette résine, chauffée, forme un criblé sur la surface du métal et l’acide creuse la planche aux endroits non protégés. Plusieurs applications successives de résine permettent d’obtenir des grainages ton sur ton.
Il est important de bien maîtriser la technique pour obtenir les plus jolis effets qu’offre l’aquatinte.
... et d’autres procédés :
Il existe bien d’autres procédés de gravure à l’eau-forte tels que :
la gravure au sucre, la gravure au sel, au soufre, au sable, le vernis mou également appelé manière de crayon, etc... dont les techniques sont assez différentes les unes des autres et permettent de satisfaire les besoins d’expression les plus variés.


Jean-Claude Renaud